Marie-Andrée Desriveaux, une Conseillère d’orientation du 21e siècle

Dans nos sociétés, où le pouvoir économique est roi, l’autonomie financière est indispensable pour Bien Vivre. Facteur d’exclusion économique, le chômage conduit irrémédiablement à l’exclusion sociale.

Pour répondre aux besoins d’insertion professionnelle, il existe des conseillers et conseillères d’orientation, régies par un Ordre professionnel du même nom. Spécialistes en relation d’aide et en santé mentale, ils accompagnent toutes personnes, à toutes les étapes de leur vie, en visant le développement de l’autonomie socioprofessionnelle et la prise de décisions éclairées en tenant compte de leur identité.


Rencontre avec une professionnelle expérimentée, spécialisée dans l’insertion professionnelle de profils « atypiques »

Conseillère d’orientation depuis plus de 15 ans, Marie-Andrée Desriveaux, M.Éd., c.o., a conçu une méthode novatrice permettant de répondre aux besoins de tous types de clientèles, avec ou sans besoins particuliers – capacités physiques ou intellectuelles non standards, difficultés d’adaptation, de motivation, de comportement ou d’apprentissage – inspirée de l’art-thérapie. 


Bonjour Marie-Andrée. Quels types de clientèles accompagnes-tu ?

J’accompagne toutes personnes désirant trouver ou retrouver une identité professionnelle. Incluant les accidenté.es de la vie, de la route (SAAQ), du travail (CNSST) ou encore des clientèles en souffrance émotionnelle permanente ou temporaire.


Peut-on parler de « neuroatypie », un mot qu’on entend beaucoup en ce moment  ?
Dans le fond, dans ma clientèle en soutien émotif actuellement, ils ont tous des
parcours « atypiques », codés d’un trouble d’apprentissage ou d’une psychopathologie du DSM-5*. Comme par exemple, des troubles langagiers, des retards scolaires, des TSA, Asperger, TDAA, TDAH, ou avec de l’anxiété généralisée, des retards sévères, ou de l’hyperactivité…
Je travaille avec une psychologue et une psychoéducatrice qui font les évaluations. Nous les soutenons émotionnellement et académiquement en lien avec leur choix professionnel, afin de les amener le plus loin possible au niveau académique. 

Eux aussi comme individus, ont le droit de faire un choix de carrières qui leur ressemble, qui répond à leur niveau académique et à leur parcours atypique.


Comment fait-on concrètement pour accompagner ces personnes ? Qu’est-ce que La méthode MAD Orientation ?
« Je me suis éloignée des tests psychométriques car je trouvais qu’ils montraient seulement une partie de l’individu. Le côté rationnel, ce qui pour moi correspond au « cerveau gauche ». En m’éloignant des tests psychométriques, j’ai réalisé que prendre une décision ça implique autant le rationnel que l’émotionnel. On s’entend qu’à la fin de la journée, c’est l’émotionnel qui a choisi et non nécessairement le rationnel. On peut prendre une décision de type « je vais choisir tel emploi car les conditions de travail sont bonnes, le salaire aussi, la distance de la maison au travail est correcte, les tâches ont l’air bien, etc » On fait une décision rationnelle ! Et finalement, une fois en poste, on vit notre rôle au travail et on réalise qu’on n’est pas bien. Ce n’est pas notre côté logique, qui dit « tu n’es pas bien », mais bien nos émotions. Et c’est à ce moment-là qu’il y a comme une dissonance qui s’installe entre le rationnel et l’émotionnel !

Comment fait-on pour questionner l’émotionnel ?
On va directement à la source qui est l’émotion. On se place au cœur de l’individu pour avoir accès à sa psyché en utilisant le langage des émotions, soit les arts. Cela permet

d’arrimer le conscient et l’inconscient, afin qu’ils communiquent entre eux. J’utilise des outils d’art-thérapeutique comme le dessin par exemple. Parfois, il est difficile de dire nos maux, en mots, on se sent limité au niveau de la parole. Mettre notre pensée et nos émotions en image, c’est super riche et plus parlant ! »

Et Marie-Andrée de conclure : « Chez MAD Orientation, nous avons la conviction que se réaliser professionnellement est un droit fondamental. Nous prônons l’accessibilité pour tous aux activités économiques, sociales et sociétales, basée sur les aspirations, compétences et capacités de chaque individu, légitime de plein droit dans la société. »

* Le sigle DSM, abréviation de Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ouvrage de référence publié par l’Association américaine de psychiatrie (American Psychiatric Association ou APA) décrivant et classifiant les troubles mentaux.